L'espace de la galerie de jour d'agnès b. commence par présenter Les mystiques de l'immanence d'Olmeta. Sur le mur, quinze images disposées en grille de cinq par trois, la présence des images est flagrante : des portraits serrés de jeunes gens fixant le spectateur, qui est situé à peine au dessus du niveau des yeux de ceux des sujets. Les images sont en noir et blanc, riches, presqu'ambrées. Le regard des sujets est perçant, nouveau, pas innocent, mais quand même candide. Les impressions sont remarquables.
Après lecture, je comprends: ce sont des ambrotypes originales et intactes. Technologie rustique mais précise, lorsque bien exécutée, elle oblige à une attention et une minutie qui se raréfie avec l'accès au numérique. La surface est fragile, les manipulations doivent être faites avec beaucoup d'amour et de soucis: normal puisque les plaques auront été préparées à la main. Je ne connais qu'une seule artiste de ma génération qui ait travaillé avec ce procédé, en en réalisant toutes les étapes de fabrication: mon amie Zoë Lepiano a souffert, sacré, pleuré, presqu'abadonné, mais le résultat est frappant. C'est un processus demandant et qui vous le rend miraculeusement bien.
Les impressions se détaillent à 2500€, ce qui est plus que légitime vus le processus impliqué dans la démarche.
Les contrastes sont puissants, autant que le regard soutenu des êtres dépeints par les images. Bien que disposées dans un espace peu invitant, l'entrée même de la galerie où la porte s'ouvre dans le dos du visiteur (moi!), les photographies d'Olmeta sont pénétrantes au point qu'on en oublie l'environnement dans lequel elles sont accrochées. Ce qui est rare comme sentiment dans mon cas.
La visite m'a piqué la curiosité: je veux savoir qui est Matthias Olmeta, voir son oeuvre. Son site est présentement en construction, mais il est possible de se renseigner dans Internet.
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Les mystiques de l'immanence
Matthias Olmeta
Galerie du jour par agnès b.
15.11.2010 au 08.01.2011